2012, 10 ans d’engagements – 1ère partie

L’année dernière, je vous parlais des voeux, de ce qu’ils représentaient pour moi. Cette année, je suis particulièrement à la bourre.
2012 sera une année importante en politique, avec des échéances électorales majeures, qui apporteront je l’espère un changement positif et un nouveau souffle à notre pays, et depuis dimanche j’en suis encore plus convaincue. Mais une fois n’est pas coutume, je vais profiter de ces voeux pour me tourner un peu vers le passé.
En effet, en 2012, je vais fêter mes 10 ans d’engagements au sein du Parti socialiste. Parce que -ce n’est pas très original- l’événement déclencheur de mon adhésion a été le premier tour de la présidentielle 2002.
Dix ans déjà que je milite, je ne sais pas combien de tracts distribués ça représente, mais dix ans ce sont de nombreux souvenirs, beaucoup de rencontres, de belles victoires, des moments plus difficiles, beaucoup de temps de travail et de réflexion, le tout saupoudré de quantités d’espoir pour avancer.
Dix ans, ce sont des lieux, des dates, et des personnes. Beaucoup de personnes. Rarement dans la vie une activité ne nous permet de rencontrer autant de gens d’horizons aussi différents.
Je ne vais pas bien sûr rédiger mes mémoires et vous embêter avec des milliers d’anecdotes, mais je vais essayer, pour ceux que ça intéresse, de résumer en quelques lignes, chacune de ces années, en retenant les moments les plus sympas, les plus émouvants, les plus durs aussi parfois, des moments d’adrénaline, d’espoir et, même d’amitié et de tendresse.

 

2002 Manifestons sous la pluie

21 avril, Le Pen est au second tour, Jospin éliminé. Comme beaucoup à ce moment-là, je suis désespérée, je prends le métro le lendemain en scrutant les visages pour savoir qui, qui a osé voter pour l’extrême-droite dans ce wagon. J’enchaîne les manifestations, et je fais surtout celle du 1er mai, qui cette année-là est gigantesque. Il pleut des trombes d’eau, mais la foule est au rendez-vous. Je me joins au cortège du PS, le début de la manifestation est déjà revenu que nous ne sommes pas encore partis, et l’itinéraire est allongé pour permettre à la foule de se réguler. J’ai eu la crève pendant les jours qui ont suivi, mais pas un instant je n’ai pensé à rentrer, ou à me mêler à une partie plus avancée du cortège, je suis restée avec les socialistes, c’était là où je devais être, ma famille politique. J’y ai rencontré ce jour-là beaucoup de militants que je fréquente encore, dont notre serial blogueur Romain.
2003 RAS
En 2003, il y a  eu le Congrès de Dijon, la désignation des candidats aux régionales et aux cantonales pour 2004, et sûrement plein d’autres trucs très chouettes. Mais en 2003, je n’ai pas de souvenir marquant, vibrant, voilà.
2004 Je vote Michel Rocard!

Pour la première (et sans doute dernière) fois de ma vie, je vote Michel Rocard, aux élections européennes. Je trouve ça super classe, je garde même un bulletin. Pour beaucoup de gens Michel Rocard est un vieux Monsieur qui dit parfois des trucs de droite et pour d’autres c’est même un éternel looser. Pour moi c’est la classe, c’est un esprit brillant, c’est le RMI, c’est plus d’Europe et plus de décentralisation, c’est l’intégrité. Quand je serai grande, je veux être Michel Rocard.

2005 La bataille du traité européen
Ce fut une sorte d’affaire Dreyfuss, qui a divisé les Français, et les socialistes. On n’a parlé que de ça jusqu’au 29 mai. Et moi je fais campagne avec mes amis du Oui, une campagne interne fin 2004, couronnée par une victoire à 60% puis une campagne externe, au résultat inverse. Avec les camarades de SDJ69 (Socialisme et Démocratie Jeunes Rhône, le courant de jeunes sociaux-démocrates), on bat le pavé joyeusement. On connaît par coeur la charte des droits fondamentaux, on tracte, on boîte, on frappe aux portes. Certes, le résultat n’est pas à la hauteur de nos espérances, mais j’ai le souvenir d’une super campagne, très dynamique et très joyeuse avec une super bande de camarades, qu’on avait faite à fond, sans regrets. Une campagne sur le fond, où il n’a pas été question de personnes, c’est tellement rare.
2006 Les derniers soutiens de DSK
Désignation interne du candidat socialiste à la présidentielle. Ce ne sont pas encore des primaires ouvertes, mais avec l’adhésion à 20 euros, le champ électoral est bien élargi. La vague Ségolène Royal emporte tout sur son passage, elle a avec elle les medias, les sondages, la plupart des grands élus. Oui, mais moi, je fais partie de ceux qui pensent que le meilleur candidat est DSK. Nous ne sommes plus bien nombreux, mais nous faisons campagne vaillamment, opposant des arguments rationnels à quelque chose qui nous dépasse: un engouement à bout duquel aucun débat, aucune démonstration ne peut venir. Et bien sûr nous perdons, dès le premier tour, comme je l’avais craint. N’empêche. J’ai souvenir d’une réunion de campagne entre strauss-kahniens à la fédération du PS du Rhône: nous sommes une poignée à parler stratégie et argumentaires, quand les royalistes remplissent les salles par centaines. Je regarde les quelques dizaines de camarades présents, et je me dis que ces gens-là auront été jusqu’au bout de leur engagement et je suis fière, à ce moment précis, d’en être.
2007 La victoire aux législatives
Campagne législative, première campagne pour moi en tant que candidate. Suppléante certes, mais je me donne à fond. Jean-Louis Touraine se présente dans une circonscription qui a toujours été à droite depuis son découpage en 86. On perd la présidentielle. Quand je pense qu’à l’époque j’ai toujours cru à la victoire dans cette circonscription, je me dis que j’étais foncièrement optimiste, ou inconsciente je ne sais pas.
Soir du second tour, je repasse chez moi avant de rejoindre Jean-Louis en mairie du 8ème. Sur TLM les animateurs disent qu’une surprise est possible sur la 3ème. Ni une ni deux, je cours en mairie, et là les résultats tombent bureau par bureau. Nous sommes devant. Oui mais voilà, il manque les résultats de deux bureaux. Qui n’arrivent pas. Les caméras sont braquées sur nous, les journalistes veulent une réaction. Impossible tant qu’on n’a pas de confirmation. C’est long, très long. L’avant dernier bureau tombe enfin, et nous ne pouvons plus être mathématiquement rattrapés. Il est très tard quand le dernier bureau tombe et nous filons à la préfecture. Je monte en voiture avec Jean-Louis, et soudain, après des mois de campagne et des heures de stress, de foule et de brouhaha, … le silence. Tout est noir autour de nous. C’est à ce moment là seulement que j’ai compris qu’il allait être député. Et d’ailleurs, c’est la seule chose que j’ai dite: « Tu te rends compte, tu es député… »

La suite (2008-2012) demain sur ce blog! (teasing de fou n’est-ce pas?)

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