2012, 10 ans d’engagements – 2ème partie

Suite de l’épisode précédent où Sarah fait de la politique au XXIème siècle…

2008 Le triomphe des municipales

Je suis candidate dans le 7ème pour mon premier vrai mandat mais aussi attachée de presse bénévole au sein de l’équipe de campagne de Gérard Collomb. Un rythme d’enfer, avec un téléphone qui sonne nuit et jour (les journalistes, surtout les parisiens, ne dorment pas, semble-t-il) mais c’est passionnant.
Le point d’orgue de cette campagne est un meeting aux Subsistances. Mais pas un meeting ordinaire, une « partie de campagne ». Un dimanche de printemps où on peut venir en famille, visiter les stands des arrondissements, jouer avec les enfants, se balader, et bien sûr écouter des discours de maires de grandes villes du monde entier et pour finir celui de Gérard Collomb. Pour la première fois j’assiste à un événement politique qui brasse des milliers de personnes sur toute une journée, dont la plupart ne sont pas des militants. Un meeting où je ne reconnais pas la plupart des visages. Quand on parle aux gens, ils ne disent pas « je viens de la section PS de tel endroit », mais « J’habite telle rue, et je suis venu soutenir mon maire, j’adore voir ma ville se transformer, continuez ». Je comprends alors ce qui va se passer sans imaginer cependant cette victoire dès le premier tour. Les Lyonnais ont voté massivement pour Gérard Collomb, dont ils ont plébiscité le bilan, et ça, aucun détracteur ne peut le nier.

2009 La claque des Européennes
Les élections européennes sont un scrutin de liste. Derrière Vincent Peillon, Sylvie Guillaume, élue lyonnaise, est deuxième, et Farida Boudaoud, élue décinoise, quatrième. Le Rhône est donc particulièrement concerné. Une campagne européenne c’est toujours difficile parce que ça intéresse peu les gens, et ça mobilise quand même moins les forces militantes qu’une présidentielle ou une municipale. Et il n’y a qu’un tour, il ne faut pas se planter. On mise sur 3 élus, 4 si on cartonne.
Bilan: 2 élus, soint un de moins qu’en 2004. Se prendre une claque, c’est jamais super, mais quand on plus on s’est donné à fond, qu’on a fait une bonne campagne sur le terrain, et qu’on voit débarquer ceux qui n’ont rien fait dire « je vous l’avais dit, fallait pas faire comme ci, mais comme ça », ça démoralise un tout petit peu.
2010 Elue régionale

Deuxième tour des élections régionales, je suis sur la liste de Jean-Jack Queyranne qui est en passe de l’emporter. Les résultats arrivent, on ouvre une bouteille de champagne au local, puis on file à la Préfecture. Et là, je monte les marches avec mes copines, c’est une super soirée.
Quelques jours après, je reçois dans ma boîte aux lettres ma première convocation pour une séance à la Région. Sur l’enveloppe c’est écrit « Sarah Peillon, Conseillère régionale »…. Conseillère régionale…. J’ai pris une photo de l’enveloppe avec mon Iphone. Et je l’ai relue. Plusieurs fois.

2011 L’affaire DSK
Dure, dure année. Sur tous les plans. Pour le monde, pour la France.
Et pour les strauss-kahniens bien sûr.
Je vous parlais de mon souvenir ému de 2006. Là, c’est beaucoup plus glauque. Dominique a le vent en poupe, les réunions de ses partisans font salle comble, et je suis ravie de voir que la plupart des leaders du parti sont ce coup-ci de notre côté, bref, ça sent bon. Je crois enfin à la victoire, en interne bien sûr, mais surtout à la présidentielle.
Dimanche 15 mai. Je me réveille avec une sacrée gueule de bois sans avoir bu, une alerte du Monde a résonné sur mon Iphone. Les SMS fusent entre copains. On décide de se retrouver à quelques uns, qui avions monté LSD2012 peu de temps avant, pour bruncher. On est tous sonnés, on ne sait pas quoi faire, on pense qu’on va se réveiller.
Les semaines qui suivent, j’alterne entre les phases de déni et les phases de consternation. Et puis j’écris ce billet. Depuis, je suis passée à autre chose, j’ai soutenu François Hollande aux primaires et je fais sa campagne de tout mon cœur. Mais quand même, je ne trouve pas d’autre façon de le dire, j’ai les boules.
2012 Le changement, c’est maintenant?
Quel sera mon souvenir de 2012? Une victoire de la gauche à la présidentielle? Une victoire aussi aux législatives? Je l’espère…
Après avoir vu le Sénat basculer à gauche (et encore, mon cerveau n’a pas encore complètement intégré la chose, ce mot est encore synonyme d’assemblée de droite pour moi), j’espère voir un président et une assemblée de gauche. Pas juste pour le plaisir de la victoire, mais bien pour enfin mettre en place une politique plus juste et plus solidaire. Tout ne sera pas parfait du jour au lendemain, la crise ne va pas disparaître subitement, mais il existe une autre façon de faire et nous pouvons le prouver. Alors j’espère pour mes dix ans de parti le plus beau des cadeaux, cette victoire, cet espoir, histoire de fêter ça en beauté!

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