8 mars, tampax et taxe rose

Oui, je tenais à remporter l’Oscar du titre de blog le plus improbable. Ça, c’est fait.

Tout ça part d’hier, le 8 mars. Journée internationale des Droits des femmes. Oui, oui, Journée internationale des Droits des femmes, je préfère répéter pour que les choses soient claires. Pas journée des femmes. Pas journée de LA femme. Et surtout pas FÊTE de la femme.

Je ne compte plus le nombre de mecs, qui, pensant bien faire, nous souhaitent, sur Facebook ou IRL « Bonne fête », qui offrent des fleurs à leur compagne ou à leur mère comme pour la Saint-Valentin et la Fête des mères (deux fêtes qui mériteraient chacune un billet de blog, mais à chaque jour suffit son coup de gueule sa peine).

Le 8 mars, c’est un jour consacré à la sensibilisation de tous et toutes aux inégalités persistantes que subissent les femmes dans le monde. Violences, excision, mariages forcés, inégalités salariales, discriminations à l’embauche, et j’en passe. Tout ça me semble assez éloigné de la notion de fête, de fleurs, et de cadeaux.

Fallait-il un 8 mars? Est-ce que le fait de choisir une date précise évite à certains de se préoccuper de cette cause au quotidien? Cette journée remplit-elle son rôle d’alerte? Autant de questions auxquelles nous ne répondrons pas dans ce billet.

Non, mais puisqu’on parle régulièrement mode et beauté ici, et qu’on se plaint souvent des marketeux qui nous prennent pour des quiches, je ne peux que constater que le 8 mars est pour eux l’occasion d’un formidable foutage de gueule.

Juste quelques exemples de ce que j’ai reçu dans ma boîte mail ces jours-ci, avec, en-dessous, les commentaires que ça m’inspire:

3suisses1

Femmes je vous aime. Tenez, voilà dix balles.

 

bijoux

« Pour la Fête de la femme déguise-toi avec tous tes bijoux, youhou! »

 

lookfantastic

On va même oublier un mot dans le titre, OSEF c’est pour des gonzesses.

 

Offrons-leur une culotte à ces pisseuses!

 

etam2

Comme on est des petites choses, on a de petits plaisirs et de petits tracas, car au fond tout ça n’est pas sérieux!

Juste une suggestion pour toutes ces marques qui prétendent aimer les femmes: quitte à offrir un pourcentage de réduction aux clientes, pourquoi ne pas laisser les tarifs habituels, et reverser ce pourcentage à une ONG qui agit VRAIMENT pour la cause féminine? Une association qui aide à la scolarisation des jeunes filles dans certains pays, qui offre un refuge aux femmes battues, ou qui lutte contre les discriminations? Pas assez vendeur? Franchement, je suis sûre que si.

Du coup j’en profite pour vous parler de quelques combats qui me semblent intéressants dans le paysage des combats féministes du XXIème siècle.

Vous avez peut-être déjà entendu parler du collectif Georgette Sand? Ce collectif a soulevé il y a quelques mois le problème de la « taxe rose »: des objets du quotidien qui sont vendus en version homme et en version femme et qui coûtent plus cher pour les femmes. Un Tumblr les recense.
Alors que les femmes gagnent 24% de moins que les hommes, elles doivent débourser plus pour les mêmes produits. Sans parler du fait que, vraiment, nous pouvons survivre sans bouchons d’oreilles/ciseaux/crayons pour femmes.
Grâce à la mobilisation de ce collectif un amendement adopté dans la loi Macron prévoit un rapport gouvernemental sur le sujet.

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Et le nouveau combat de ce collectif, c’est de dénoncer la TVA sur les protections périodiques. Aujourd’hui tampons et serviettes hygiéniques sont taxés à 20%, et non pas à 5,5% comme le sont les produits considérés de première nécessité (et même 2,1% pour les médicaments remboursés par la Sécu). Parce que c’est bien connu, les règles sont un luxe que s’accorde mensuellement chaque femme, au même titre qu’une manucure ou un soin du visage, alors qu’il lui suffit de se reproduire de manière continue, de la puberté à la ménopause, pour se passer de petit plaisir complètement optionnel.
Ce débat nous vient d’Outre-Manche, où le journal The Independent a calculé qu’une femme qui touche le salaire minimum devra travailler 38 jours à temps plein pour payer ses protections périodiques. En France, cette dépense reviendrait à 1500 euros par femme. Si le sujet vous intéresse vous pouvez signer la pétition.

Et pour terminer, je voulais vous parler d’une initiative lyonnaise (Cocorico!) le magazine Femmes d’ici et d’ailleurs lancé par le collectif du même nom.
Ce magazine part d’un constat simple: dans les médias plus de 80% des sujets sont consacrés aux hommes. Surtout à la TV d’ailleurs comme le dénonce ce livre.
Femmes d’ici et d’ailleurs parle des femmes du monde entier: sportives, salariées, entrepreneuses, mères, filles, politiques, bénévoles, … des femmes qui agissent, et qui méritent, comme les hommes, d’être mises en lumière.
Si vous voulez vous abonner c’est par ici.

magazine

Et en attendant, le 8 mars, c’est tout l’année!

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