Hommes, femmes et sport: des inégalités encore trop importantes

Je vous avais parlé de la réunion que j’organisais dans le cadre de la journée internationale pour le droit des femmes sur le thème de la pratique sportive au féminin/masculin.
Je vous fait ici un petit retour de ce que j’ai dit au cours de cette réunion lors de mon intervention d’introduction (je ne rédige que rarement mes discours, ce ne sont donc que des éléments de ma prise de parole, mais ce n’est pas super structuré, soyez indulgents).

Le milieu sportif est un milieu où les discriminations sont souvent évoquées: sexisme, racisme, homophobie… Alors qu’on pourrait penser que les valeurs universelles du sport permettraient de transcender les différences, mais les préjugés et les représentations y ont le vie dure.

Les discriminations en terme de sexe ont lieu dès l’enfance, dans le choix de l’activité pratiquée, souvent fait par les parents, et présentant souvent une orientation sexuée (peu de filles inscrites en foot ou en rugby, peu de garçons en gym ou en danse), à l’image des jouets qu’on propose aux enfants (connaissez-vous beaucoup de petits garçons qui ont une poupée?) Beaucoup de sports sont étiquetés « garçons » ou « filles » en fonction de l’image de virilité ou de féminité qu’ils véhiculent (un peu comme certaines professions d’ailleurs).
Ainsi les femmes représentent en France 3% des licenciés de football, 80% des licenciés de gymnastique, 98% des licenciés de danse. Il n’est bien sûr pas grave en soi qu’il existe de tels déséquilibres: le problème est celui du choix, et de l’égalité d’accès.
Au delà du choix de l’activité, l’accès au sport est lui aussi différent selon le sexe de l’enfant: entre 11 et 18 ans, 50% des filles pratiquent une activité sportive extrascolaire, contre 75% des garçons. Ces différences sont bien entendu aggravées dans les milieux sociaux modestes: dans les quartiers défavorisés seulement 1 fille sur 8 pratique un sport contre 4 garçons sur 5.
Et le sport de haut niveau reflète cette différence d’accès: les femmes représentent 37% des sportifs de haut niveau.
En ce qui concerne la pratique amateur chez les adultes, les femmes ont moins de temps à y consacrer (rappelons que les femmes assument 80% des tâches ménagères).
La discrimination sexuelle dans le sport s’exprime également dans le rendu qu’en font les médias. Seulement 10% des athlètes présents dans les médias français sont des femmes, et je passe sur les remarques sexistes des commentateurs sportifs, qui, sous couvert de compliments, font régulièrement référence à l’apparence physique des athlètes féminines.
Et les salaires sont encore bien différents dans beaucoup de compétitions (le tournoi de Roland Garros a aligné il y a seulement 3 ans les primes des femmes sur celles des hommes).
Enfin, comme dans le monde économique, les femmes sont encore bien absentes des instances dirigeantes des associations sportives (elles représentent 10% des présidents d’associations sportives).
Bien sûr ces discriminations peuvent sembler dérisoires au regard de celles qui perdurent dans d’autres secteurs et d’autres pays, mais ce sont souvent par des symboles que l’on avance. Les discriminations dans la domaine du sport sont à l’image de celles dans la société: inégalités salariales, inégalité d’accès aux postes de décision, représentations sociales etc. Et c’est en faisant avancer les mentalités que nous pourrons progresser.
Voilà, il ne s’agit que d’un survol du sujet, le débat qui a suivi a été riche et a permis de l’approfondir. Je remercie encore les personnes présentes et vous rappelle que le combat pour l’égalité ne se limite pas au 8 mars mais dure toute l’année!
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