Affaire DSK: un immense gâchis

J’ai mis un peu de temps à réagir  à « l’affaire DSK » parce que j’estime que je n’ai pas grand chose de plus à dire que tout ce qui circule déjà venant de la plupart des camarades.
Ceux qui me connaissent savent que mon engagement politique cette dernière décennie s’est notamment construit autour de DSK. Bien avant de soutenir sa candidature en 2006 aux primaires socialistes, j’ai milité au sein de Socialisme & Démocratie, le courant social-démocrate du PS.
J’ai fait partie à l’époque du noyau dur des jeunes strauss-kahniens, et bien que moins jeune, j’étais engagée ces derniers mois pour oeuvrer à son retour pour la primaire de cet automne.
La photo que j’ai choisie pour illustrer ce billet a été prise par Philippe Merle pour l’AFP en 2006. Nous étions devant la mairie du 8ème juste avant un meeting, et nous avons souhaité faire une vidéo de DSK. Anne Sinclair s’est portée volontaire pour tenir le micro. Un moment très sympa, hors du temps. Revoir cette photo dans la presse ces jours-ci m’a fait plus qu’un pincement au coeur.
J’ai comme tout le monde appris la nouvelle de l’arrestation de DSK en sortant du lit dimanche. Plus de 72 heures après, je ne réalise toujours pas. Sonnée, c’est le seul mot qui convient.
Ma première réaction a été « je ne veux plus perdre la présidentielle! ». J’ai d’abord pensé à sa candidature, mais aussi à mon parti qui allait devoir affronter cet événement impliquant, qu’on le veuille ou non, le candidat socialiste potentiel jusqu’alors le plus populaire chez les Français.
Pour ma part, j’ai l’impression de vivre un cauchemar éveillée. Je ne suis pas de celles et ceux qui pensent que tout tourne autour d’un homme providentiel, mais forcément quand on fait un bout de chemin d’une petite dizaine d’années avec quelqu’un, on sent son destin lié au sien. J’essaie du mieux que je peux de ne pas trop mêler mes émotions à mon activité politique, mais il y a des situations exceptionnelles, et là, c’en est clairement une.
Je suis, depuis quelques jours, très très fatiguée, quand je me retourne et que je repense à mon engagement sur la décennie passée. J’ai le sentiment d’un immense gâchis. Quelle que soit la vérité dans cette histoire, certaines choses ont été bouleversées à jamais.
Bien sûr, le combat politique continue, bien sûr il y aura d’autres leaders socialistes capables de porter notre projet, bien sûr, bien sûr.
Mais ces jours-ci c’est l’abattement qui domine. Et je m’autorise à être triste, déçue, perdue. Je me relèverai, parce qu’il le faut bien, et parce que c’est ça la politique, on se bat tant qu’on a des forces.
Bien évidemment, la vie politique continue, je siègerai cette semaine à la Région, j’ai été élue pour cela et ma déception n’entame pas ma détermination à exercer mon mandat du mieux que je peux. Bien évidemement je voterai le projet socialiste jeudi parce qu’il me convient et que le programme que nous porterons sera tout aussi important que le candidat qui le portera.
Mais j’ai le coeur gros, parce que j’étais pleine d’espoir, et qu’il me faut le retrouver, cet espoir.
Je remercie tous ceux qui m’ont envoyé des témoignages de sympathie, amis, camarades, mais aussi potentiels adversaires politiques, et qui m’ont permis de me souvenir que malgré tout, tout n’est pas aussi pourri qu’on voudrait bien le croire dans le microcosme politique.
A très vite, en pleine forme.
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